Tolérance cardio-vasculaire des anti-inflammatoires non stéroïdiens : une méta-analyse

Trente-et-une études de la tolérance cardio-vasculaire de 7 anti-inflammatoires non stéroïdiens incluant 116 429 patients ont été retenues. Elles duraient au moins un an.

Les anti-inflammatoires étudiés étaient : le naproxène, l’ibuprofène, le dioclofenac, le celecoxib, l’etoricoxib, le rofecoxib, le lumiracoxib ou le placebo.

Quinze études concernaient le celecoxib comparé à 5 différents anti-inflammatoires.

L’ibuprofène était étudié 2 fois, l’etoricoxib trois fois.

Etoricoxib et diclofenac avaient le plus grand nombre de patients-année.

Comparé au placebo, le rofecoxib avait le risque le plus élevé d’infarctus du myocarde (à 2,12). Suivait le lumiracoxib avec une augmentation du risque à 2. Il n’y avait pas d’évidence d’augmentation du risque d’infarctus du myocarde avec le naproxène, l’etoricoxib et le diclofenac.

Cette augmentation était à 1,3 pour l’ibuprofène, 1,35 pour le celecoxib.
L’ibuprofène était associé au risque le plus élevé d’AVC (à 3,36), puis le diclofenac avec un risque augmenté à 2,86, à 2,81 pour le lumiracoxib, à 2,67 pour l’etorixocib, à 1,76 pour le naproxène et à 1,3 pour le naproxène.

L’etorecoxib et le diclofenac avaient le risque le plus élevé de mort d’origine cardio-vasculaire : à 4,07 et 3,98 respectivement, l’augmentation du risque étai à 2,07 pour le celecoxib, 1,89 pour le lumiracoxib, 1,58 pour le rofecoxib, 1,3 pour l’ibuprofène.

Le naproxène ne semblait pas être associé à une augmentation du risque de mort d’origine cardio-vasculaire.

Tous les anti-inflammatoires non stéroïdiens étaient associés à une augmentation du risque de mortalité globale.

On connaît maintenant le risque cardio-vasculaire augmenté des AINS, ce qui a conduit au retrait du rofecoxib. Ce risque cardio-vasculaire augmenté est partagé par tous les AINS, sélectif ou non. Il semble que le naproxène ait le risque le moins augmenté.

La prescription des AINS doit tenir compte de ce risque et être très prudente chez les patients aux antécédents cardio-vasculaires en privilégiant les prescriptions de courte durée.

Trelle S, Reichenbach S, Wandel S et coll. BMJ 2011;342:7086