L’augmentation de la dose d’allopurinol est efficace et bien tolérée chez les goutteux même en cas d’atteinte rénale

Il s’agit d’une étude néo-zélandaise où 90 goutteux ont été inclus dans le but d’obtenir chez tous une uricémie inférieure à 60mg/l. Tous les patients avaient tous une dose stable d’allopurinol avant l’inclusion depuis au moins un mois. L’âge moyen était de 58,7 ans et il y avait 87,9% d’hommes.

Quarante-cinq patients avaient une uricémie supérieure à 60 mg/l et la posologie d’allopurinol qui était au départ en moyenne de 250 mg/j, a été augmentée de 50 à 100 mg/mois à discrétion de l’investigateur. La diminution de l’uricémie a été obtenue en moyenne en 4 mois mais a pu durer 6 mois ou plus.

Trois patients ont développé une éruption et l‘allopurinol a été arrêté ou la dose n’a plus été augmentée. 
Chez 31/35 patients qui ont complété l’étude à un an, une uricémie inférieure à 60 mg/l a été obtenue. 2/5 patients qui avaient une uricémie supérieure à 60 mg/l avaient un taux sérique d’oxypurinol indétectable ce qui indiquait une mauvaise compliance au traitement. L’augmentation de la posologie d’allopurinol entraînait une diminution de l’uricémie. 
La dose finale d’allopurinol était de 50 mg au dessus de la dose recommandée chez 5 patients, de 100 mg chez 15 patients, de 150 mg chez 6 de 300 mg chez 2 et de 400 mg chez 1 patient. La clairance de la créatinine n’a pas augmenté chez les patients non traités par le furosemide, chez ceux qui recevaient du furosemide elle a augmenté de 51,4 à 56,3ml/mn.
Dix-huit patients sur les 45 étaient traités par le furosemide. Ils ont également été sensibles au traitement mais une dose plus élevée d’allopurinol était nécessaire pour obtenir une uricémie inférieure à 60mg/l.

C’est un fait d’expérience courante que la résistance au traitement par l’allopurinol est en général due à une posologie insuffisante. Dans cette étude, on constate une bonne tolérance de l’allopurinol malgré l’augmentation de la posologie.

Stamp LK, O’ Donnel JL, Zhang M et coll.  Arthr. Rheum. 2011; 63: 412-21